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A  Pointeurs

Quelques pointeurs pour en savoir plus:


1
Notons que de même que l'on peut être contre la drogue et pour la liberté d'en commercer et d'en consommer, ou pour la drogue et pour sa prohibition, ou contre la religion et pour la liberté religieuse, ou pour la religion et pour la liberté d'être athée, (voire pour la religion et pour l'interdiction de toute religion y compris la sienne, pour certains cultes martyrophiles), etc., on peut être contre le port d'arme et pour la liberté de port d'arme, ou pour le port d'arme et pour la prohibition du port d'arme. Ce sont des sujets largement indépendants. Ainsi, Christian Michel, dans son article Du droit de porter les armes explique comment tout en étant opposé au port d'arme, il se place pour la liberté de port d'arme et contre le monopole du port d'arme pour ce qui est du droit.
2
Il est intéressant de considérer le cas des tireurs fous, qui servent souvent de prétextes pour une extension des prohibitions étatiques. Or, ces tireurs s'en prennent aux enfants désarmés des écoles, où le réglement interdit le port d'arme même aux surveillants — ils ne s'en prennent jamais aux rues où circulent des gens potentiellement armés, et encore moins aux commissariats ou aux casernes de militaires. Ceux qui sont assez téméraires pour s'en prendre à des cibles potentiellement ou certainement armées, le font à distance et en s'enfuyant vite — et on imagine le carnage si ces fous pouvaient s'en donner à cœur joie sur les mêmes victimes désarmées, s'ils pouvaient tuer sans avoir à se mettre à distance ni à s'enfuir vite de peur de représailles immédiates (et la chose s'est effectivement vue en France dans le passé, où un tueur fou massacrait tout un village).
3
S'il n'est pas possible dans une économie libre qu'il se forme nulle part de tels ghettos de parasites, la chose est malheureusement possible quand l'État va créer de tels ghettos et les maintenir sous perfusion. Et cette chose arrive malheureusement en France, où l'État crée une vaste « Zone » où les criminels règnent en maîtres, et recrutent peut-être une majorité de la population locale « active ». Cf. par exemple ce reportage de Theodore Dalrymple: The Barbarians at the Gates of Paris, 2002.
4
En fait, avant d'introduire la guerre contre les narcotiques, les États occidentaux avaient aussi introduit la guerre pour les narcotiques, la fameuse Guerre de l'Opium, imposant par la guerre à diverses nations asiatiques le commerce d'alcools et drogues sur lesquels ils obtinrent à la fois monopoles et quotas d'achats obligatoires.
5
Pour un libéral, il n'y a pas à définir la notion d'arme permise, de même qu'il n'y a pas à définir la notion d'impôt juste, de drogue licite, de jours d'ouverture légaux, de programme scolaire officiel, ou de moeurs tolérables. Toutes ces notions présupposent que des êtres supérieurs doivent intervenir et se substituer à la liberté et à la responsabilité de chacun pour lui imposer leur sagesse supérieure. Or il n'y a pas d'être supérieur; il n'y a qu'un choix entre la liberté-responsabilité (aussi appelée droit de propriété) et la coercition-irresponsabilité (aussi appelée pouvoir politique). Dans une société de liberté, c'est l'intérêt, guidé par la responsabilité, qui pousse les individus à bien user de leur liberté — et le Droit consiste précisément à rétablir la responsabilité des malfaiteurs vis-à-vis de leurs actes.
6
Si vraiment il est plus avantageux de déléguer ce droit que d'en faire usage soi-même, il s'agit d'en convaincre les individus pacifiquement et volontairement — ce pour quoi leur propre intérêt servira d'aiguillon. Toute volonté de forcer les individus à déléguer ce droit, qui plus est à des personnes qu'ils ne choisissent pas personnellement, mais qui leur sont imposées collectivement, relève d'une atteinte aux droits. Non seulement une telle violation des droits d'autrui ne résoudra pas le problème de la violence, mais elle le remplace par celui bien plus problématique du choix collectif d'un délégué qui soit vraiment efficace: qui soit plus compétent et mieux informé que les citoyens, qui ait la volonté et l'intérêt de les servir et ne soit pas tenté de servir ses propres intérêts contraires ou ceux de courtisans beaux parleurs, qui sache mieux qu'eux comment les servir.
7
À vrai dire, c'est par un tel recoupement d'informations par delà l'incohérence des diatribes des publicistes, c'est en observant cette faillite universellement décrite mais toujours niée (« blanked out », dirait Ayn Rand) de la police nationale, que j'en suis venu à prendre la position des libertariens américains sur le droit de porter les armes (voir ci-haut), après avoir vainement déployé pendant plus d'un an tous les ressorts de ma rationalité pour tenter de diminuer la valeur de leurs arguments, à défaut de pouvoir la nier.
8
Sur ce sujet, voir notre article La grande peur de la « défaillance du marché »
9
Il s'agit dans leurs bouches folles d'un slogan désignant ce qui s'appelle plus proprement l'anomie: l'arbitraire et l'insécurité. Les libertariens les plus radicaux ne manqueront pas de remarquer que c'est l'arbitraire du pouvoir politique même qui est la source même d'anomie et d'insécurité, tandis que son absence (qui serait la chose plus proprement désignée par le mot « anarchie ») s'identifie avec la garantie du Droit.
10
Jamais les gens malhonnêtes et autres parasites ne pourront être une majorité, car il n'y aurait plus assez de proies pour tous les nourrir. D'expérience historique, les classes privilégiées (noblesse et clergé, nomenklatura communiste, fonctionnariat bureaucratique) ne peuvent jamais atteindre quelque chose comme 30% de la population sans que le surplus de la classe nominalement privilégiée dusse être transférée du côté des exploités et travailler utilement, les privilèges érodés ne suffisant plus à leur assurer une vie oisive.
11
Les enclaves territoriales où règnent des criminels sont au contraire la réalité du monde des polices étatiques, où chaque état et chaque dictateur peut à loisir opprimer la population sur « son » territoire tel que reconnu par les autres états, qui se font complice de l'étouffement de toute résistance.
12
Quand les policiers sont présentés comme défenseurs de l'Ordre, il ne faut jamais manquer de se poser ces questions: de quel « ordre » les policiers sont-ils défenseurs? si tant est qu'un ordre souhaitable est bien défini, les policiers sont-ils toujours dignes de confiance? Défendent-ils les intérêts des citoyens, ou ceux du pouvoir politique? Si, circonstanciellement, les agents de l'ordre se trouvent reconnus comme tel par la majorité du public, cela est-il une garantie pour la minorité actuelle? ou pour la majorité future? voire même pour la majorité actuelle elle-même, dans son ignorance rationnelle des enjeux politiques? Cela rend-il plus juste les lois qu'ils défendent, ou contribue-t-il à faire appliquer des lois iniques? Les États policiers et totalitaires commencent toujours par un désarmement de la population: une fois retiré ce frein au pouvoir, plus rien ne prévient son irrésistible croissance — au nom de la punition de coupables de crimes réels ou fictifs que le désarmement lui-même suscite, on enfermera les innocents dans une prison de plus en plus étroite. L'histoire de la police moderne est intéressante, en ce que cette institution n'est absolument pas apparue comme un moyen de lutte contre le crime, mais bien comme un moyen de contrôle de la population par le pouvoir en place. Voir par exemple cet article de Kristian Williams: The Demand for Order and the Birth of Modern Policing.
13
Ou, ce qui revient au même, quand il n'est plus possible d'avoir confiance en les témoignages encore disponibles, parce qu'on ne peut plus les recouper avec des données sûres.
14
Et bien sûr, si un élément nouveau apparaît auquel on ne s'attendait pas, qui permet de relier une personne identifiée à un acte établi comme ayant causé un dommage mesuré à une autre personne non moins identifiée, alors il est possible qu'une agression qu'on croyait naturellement prescrite s'avère réparable. C'est encore une fois une chose naturelle qui ne dépend pas de la moindre législation.
15
En matière de justice comme ailleurs, la réalité n'est pas dans le discours, mais dans les faits. Le discours, qui n'est pas nécessairement véridique, même s'il est le plus souvent sincère (car le bon escroc croit à son boniment), est là pour manipuler les autres individus vers une collaboration passive ou active avec le système que défendent les discoureurs à leur bénéfice (ou du moins ce qu'ils pensent être leur bénéfice).
16
Note aux lecteurs québécois: en France, le nom « libéral » désigne encore les idées libérales classiques, et non pas la social-démocratie comme dans les pays anglo-saxons. Par contre, personne ne connaît rien des idées libérales, cependant que l'éducation Nationale et les media Nationaux font bien comprendre à tous que ces idées sont des choses vilaines pas belles qui ne méritent pas le détour et doivent être condamnées sans les connaître. Le résultat est que même les personnes qui se sentent libérales sont peu éduquées sur le libéralisme tout autant que conditionnées par le matraquage intellectuel ambiant, et ont du coup des positions par trop incohérentes, leur libéralisme s'extrayant avec peine de la gangue de boue social-démocrate.
17
« Régalien » signifie que ces fonctions sont initialement des prérogatives du roi. La façon dont la royauté a émergé, en France, en Angleterre, et partout ailleurs, est bien documentée: asservissement de nations entières, massacres gigantesques, villes dépeuplées et provinces rasées de fond en comble. Vraiment, le nom de régalien est tout aussi honteux que tous les titres de soi-disant « noblesse ». Il est le sceau du crime impuni, du banditisme parvenu, de l'ignominie conquérante, de l'oppression victorieuse, de la domination impudente.
18
C'est au contraire Rousseau, cet inspirateur de tous les étatistes, qui a popularisé ce mythe absurde du « bon sauvage ».
19
Lire de Frédéric Bastiat les Harmonies Économiques.


Le Libéralisme, le vrai
Faré RideauFrançois-René RideauĐặng-Vũ Bân [Document préparé avec HEVEA]

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