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1  Du droit de porter les armes

Une version de cette section a été publiée au Québécois Libre numéro 97 du 2 février 2002 sous le titre Les libéraux doivent défendre le droit de porter des armes.

1.1  Une approche trop vite rejetée: le droit naturel

Nombreux sont ceux, même parmi les libéraux, à rester insensibles à l'argumentation selon laquelle le droit de porter des armes relève de la liberté individuelle1.

Pour les libéraux qui se rapportent aux principes du droit naturel (les « jusnaturalistes »), le droit de porter des armes relève du droit naturel à l'auto-défense. L'auto-défense est selon eux le premier de tous les droits individuels, celui garant de tous les autres — car un droit non défendu ne vaut rien. Nulle autorité ne pouvant revêtir un pouvoir qui ne lui ait pas été délégué, et nul ne pouvant déléguer un pouvoir qu'il n'a pas, il est inconcevable que des agents de l'État (policiers, militaires) aient le droit de porter les armes pour défendre les citoyens, si ce droit n'appartient pas déjà aux citoyens, qui peuvent librement choisir de le déléguer ou d'en faire usage eux-mêmes.

Mais soit qu'ils rejettent cet argument (souvent sans discussion), soit qu'ils le considèrent comme secondaire (aussi sans discussion), les opposants au droit de port d'arme prétendent n'être sensibles qu'à des arguments utilitaristes ou conservateurs. Aussi est-ce de ce point de vue que je vais aborder la question.

1.2  Par nature la prohibition ne touche que les seuls honnêtes citoyens

Dans leur argumentation utilitariste, les prohibitionnistes, adversaires du droit de porter les armes, pointent constamment vers le danger que représente le fait que des hommes soient armés. Mais la question n'est pas de savoir s'il y a des hommes armés; elle est de savoir si les seuls hommes en armes seront les policiers et les criminels, ou si les citoyens honnêtes aussi seront armés.

Les criminels seront toujours armés, et aucune loi ne les désarmera. La loi peut les forcer à cacher leurs armes, mais ils sauront toujours le moment venu être plus armés que leurs victimes. J'ose croire que les criminels sont détestés de tous les citoyens honnêtes, et que ce n'est pas à leur bénéfice qu'on entend prohiber le port d'arme. Or, au moment de l'agression, seule la victime honnête est désarmée par la loi. Les lois de prohibition du port d'armes ne sont donc pas autre chose que des lois de désarmement des victimes potentielles. Il est donc absurde de prétendre que le port d'arme libre conférerait un avantage aux criminels.

Restent les policiers, militaires et autres agents de l'ordre. Mais quand il s'agit de nous défendre contre les criminels, viendront-ils avec leurs armes au moment de l'agression, ou tels les carabiniers de tristement célèbre réputation, ne viendront-ils pas quand tout sera fini? Les policiers rejettent notoirement toute responsabilité dans la prévention des agressions: hormis la protection rapprochée qu'ils offrent aux puissants, ils ne protègent pas les citoyens honnêtes. Pire encore, ce sont eux qui, en faisant respecter la prohibition des armes, empêchent l'auto-défense des citoyens honnêtes. On peut du reste poser la question des conséquences à long-terme d'un système consistant à donner des pouvoirs de plus en plus étendus aux policiers à mesure que de nouveaux problèmes se font jours — c'est l'objet de la seconde partie de cet essai sur les polices privées.

La question encore une fois n'est donc pas « y a-t-il des hommes armés? » autour de vous, mais « les citoyens honnêtes, vous compris, sont-ils eux-aussi armés? »

1.3  L'effet dissuasif du grand égalisateur que sont les armes

Un autre mythe est que le port d'arme conférerait un avantage pratique aux criminels. Nous avons vu l'absurdité évidente d'un tel avantage du point de vue du droit (puisque la prohibition ne s'applique qu'aux honnêtes gens); il est aussi possible de la montrer du point de vue de la pratique.

Les armes sont le plus grand égalisateur entre les hommes. Entre la bande de grosses brutes épaisses habituées aux bagarres de rue, et leur victime potentielle, gringalet tranquille ou faible femme, un pistolet chargé est l'assurance que les relations resteront courtoises; quoique, s'il s'agit d'une bande contre une seule femme, une mitraillette Uzi serait plus adaptée. J'ai déjà été agressé, été témoin d'agressions, de rackets, d'intimidations, etc., et je peux attester que nulle de ces choses n'auraient eu lieu si les victimes et témoins honnêtes avaient été aussi armés que les agresseurs. Il ne faut pas oublier que les agresseurs sont lâches par nature — s'ils étaient courageux, ils travailleraient.

Le maniement des armes requiert une formation, dit-on. Certes, mais celle-ci est minime: bien plus simple qu'un permis de conduire. En quelques heures d'entraînement, la faible femme sera à égalité avec ses agresseurs potentiels quant à sa capacité de tirer à bout portant. Par comparaison, avec la prohibition du port d'arme, même avec quelques milliers d'heures de cours d'arts martiaux, elle ne pourra jamais espérer être à la hauteur pour se défendre contre un voyou musclé, et encore moins contre deux ou toute une bande; qui moins est si ces voyous sont armés d'un cutter ou canif tels qu'impossibles à jamais prohiber, voire d'une vraie arme — puisqu'ils ne respectent pas la loi2.

Encore une fois, les armes sont le plus grand égalisateur entre les baraqués et les gringalets! Le géant de deux mètres spécialiste en arts martiaux n'osera pas s'en prendre à la plus minuscule petite vieille, s'il soupçonne qu'elle ou un témoin puisse être armé (incertitude donc qui autant que l'esthétique suppose aussi le droit de cacher une arme que l'on porte). Ainsi, la familiarité de toute une nation avec les armes assure qu'au sein de cette nation, les relations entre individus même désarmés resteront courtoises.

Il est impossible de demander à des personnes âgées qu'elles apprennent à se défendre elles-mêmes, dit-on. Mais, avec la liberté de porter les armes, ces personnes âgées auraient appris depuis longtemps à se défendre; elles vivraient à côté de voisins armés, et se feraient accompagner de personnes armées pour tout déplacement dangereux en dehors des sentiers battus; à défaut de voisins, amis ou parents, elles loueraient des gardes. Au contraire des prétentions alarmistes des prohibitionnistes, en rendant toute délinquance dangereuse, la liberté de porter les armes aurait des retombées positives pour la sécurité même des personnes incapables de se défendre elles-mêmes. Pensez-vous vraiment que l'interdiction de porter des armes empêche aucunement quiconque d'agresser un petit vieux sans défense? La peur de se faire surprendre par un témoin, un voisin, un parent, ou pire, un garde, armé, voire une victime elle-même récalcitrante et armée, en fera réfléchir plus d'un — ou lui fera s'en mordre les doigts sinon. Le risque d'être pris n'augmentera pas, mais la sanction en cas de surprise, si, et cela a un effet dissuasif certain, autant qu'un effet régulateur quand la dissuasion ne suffit pas.

1.4  L'illusoire spectre des bandes armées

Les adversaires du droit de porter les armes feront miroiter le spectre de bandes armées dominant le pays. Mais c'est là un argument infondé, car la liberté d'organiser son auto-défense permet de lutter plus efficacement contre le crime organisé.

Tout d'abord la question à poser est celle de savoir d'où surgiraient ces bandes armées, là où elles n'existent pas déjà? Encore une fois, la prohibition ne touche que les honnêtes gens; les bandes criminelles armées ayant vocation à faire leur loi le peuvent déjà, dans tous les endroits abandonnés par la police, et il n'y a aucune raison que de nouvelles bandes apparaissent là où les citoyens honnêtes seraient plus difficiles à agresser. Quant aux voyous qui ne sont actuellement armés que de couteaux, qui leur suffisent à faire la loi, ils pourront bien s'armer de pistolets, mais nous avons vu plus haut que face à des victimes potentielles tout aussi armées, ils y perdent en pouvoir d'intimidation.

L'idée selon laquelle il y aurait une horde de criminels fantômes tapie dans l'ombre et qui n'attendrait que la liberté de port d'arme pour les citoyens honnêtes avant que de se manifester est tout bonnement ridicule. Quand les citoyens honnêtes sont désarmés, les criminels potentiels sont déjà en train de s'exprimer ouvertement. Au contraire, dans les quartiers difficiles où des bandes font actuellement la loi, la majorité silencieuse est composée de citoyens honnêtes. Ces honnêtes gens se terrent pour survivre sans encombre, à défaut de pouvoir se défendre. L'intérêt de tous ces citoyens honnêtes est que l'ordre public soit respecté, et s'ils avaient la liberté d'organiser leur propre défense, en s'armant soi-même, mais aussi en louant les services de polices privées, alors ils ne laisseraient pas les petits malfrats régner en maîtres. Il ne se peut pas d'ailleurs qu'il y ait jamais nulle part une majorité de criminels, car sinon il n'y aurait plus assez de victimes à parasiter pour nourrir tous ces prédateurs3.

1.5  Arguments géographiques

Parmi les autres épouvantails agités, d'aucuns prendront comme exemple tel pays arriéré où règnent des bandes armées pour dénoncer la liberté de porter des armes. Mais encore une fois, ces bandes règnent sur des populations désarmées; ces populations qui restent armées sont celles qui restent libres, tandis que celles qui sont désarmées sont sous la botte d'une bande ou d'une autre. Que d'aucuns de ces pays soient arriérés, certes, mais la liberté de porter des armes n'en est pas la cause; supprimez cette liberté, le pays sera toujours aussi pauvre, et aura maintenant une dictature militaire par la faction toujours armée. La violence armée et l'arriération des pays pris en exemples vient d'ailleurs le plus souvent de guerres pour ou contre des dictatures militaires, causées par une volonté d'oppression gouvernementale, et alimentée par des gouvernements étrangers. L'absence d'armes dans la population est alors une des conditions de la domination du régime totalitaire passé ou présent, tandis que l'existence d'armes non-gouvernementales représente le seul espoir de liberté voire de survie pour ceux qui les détiennent.

Pour voir l'effet de la liberté de port d'arme sur un pays, il faut comparer sa situation avec celle de pays de richesse similaire où les populations civiles sont désarmées, et voir dans quels pays la situation s'améliore le plus vite. À ce titre, les États-Unis et la Suisse, où règnent une relative liberté de port d'arme, sont aussi des pays relativement plus avancé que le reste du monde occidental du point de vue du respect des libertés individuelles comme de la richesse. Aussi, il est pour le moins douteux de prétendre que la liberté de port d'armes mène à la domination par des bandes armées.

1.6  Arguments historiques

Historiquement, les États modernes sont nés de la conquête et de la domination, et dans ces États, de l'antiquité au moyen âge et jusqu'à la fin de l'ancien régime, le port d'arme a toujours été la marque distinctive de l'homme libre, par opposition au membre d'une nation dominée, au serf, à l'esclave. La première mesure avant tout massacre ou répression a toujours été d'ordonner le désarmement des futures victimes. La reconquête du port d'arme par les bourgeois des villes franches a été la marque de leur affranchissement vis-à-vis des féodaux. La fin de l'ancien régime a aussi terminé le privilège du port des armes. Mais les classes dirigeantes des États-nations veulent faire croire qu'on est plus libre en n'ayant pas le droit de se défendre soi-même, pour que les citoyens acceptent volontairement leur nouvelle servitude, les classes politiques électives ayant remplacé les classes politiques héréditaires dans une domination plus subtile, mais non moins oppressive, capable un jour d'envoyer des classes d'âges entières se faire trucider au nom de la patrie dans des guerres coloniales et impérialistes, capable un autre jour de dépouiller les classes productives des trois quart de leurs revenus (bien plus que sous l'ancien régime).

1.7  La garantie illusoire

Beaucoup d'étatistes timorés vont hurler à l'escalade de l'armement: « la liberté ne mènerait-elle pas à ce que tout le monde s'arme de plus en plus? » s'alarment-ils. D'où ils déduisent que des règles doivent prohiber certains types d'armes (matériel « militaire », armes de destructions massives, etc.), et qu'un état est nécessaire pour faire respecter ces règles. Au contraire.

Il ne fait aucun doute qu'il y aura des armes dans un monde libre, aussi longtemps qu'il y aura des malfaiteurs contre lesquels se défendre. Mais encore une fois, la prohibition ne supprime pas les armes — elle confère leur monopole aux États et aux malfaiteurs (qui ne diffèrent qu'en ce que les uns ont un tampon officiel). Or, ce sont précisément ces États et malfaiteurs qui rivalisent de violence armée, alors que les citoyens honnêtes rivalisent par la productivité pacifique. En laissant donc le champ libre à la violence spoliatrice, le désarmement des honnêtes gens ne mène qu'à l'exacerbation des rivalités entre mafia officielles ou officieuses. Et c'est cette exacerbation qui les incite à s'armer toujours davantage, alors que la délégitimation et la répression des violences spoliatrices par les citoyens honnêtes désinciterait les forces politiques et criminelles non seulement de s'armer, encore et toujours davantage, mais même de se constituer.

Pour preuve, il n'y a qu'à comparer les budgets d'armements des individus honnêtes à celui des États et des malfrats. La recherche en armement, l'escalade de la violence, est quasi entièrement le fait des États. Aucune organisation privée n'a jamais financé sur ses fonds propres le développement d'aucune arme de destruction massive — ce sont les États exclusivement qui ont développé canons, mitrailleuses, gaz et aérosols mortels, bactéries et virus foudrayants, napalm, missiles et autres bombes atomiques. Les plus grandes armées criminelles privées sont nées aussi de la prohibition de substances alcooliques puis narcotiques par les états; cette prohibition, en criminalisant un commerce autrement paisible 4 a engendré une violence inouïe qui n'existe pas ou plus là où la prohibition n'a pas été proclamée ou a été abolie. Et toute cette violence n'a aucunement résolu le soi-disant « problème » de consommation de ces substances.

Bien loin que l'État, par la définition d'armes permises ou illicites5, puisse garantir une limite à la course aux armements, il ne garantit que l'extension indéfinie de cette course, dont il se réserve le monopole officiel. Dans la pratique, les armes que l'état fabrique puis interdit aux citoyens servent à armer aussi bien les hommes de l'état que les criminels, quand les uns et les autres oppriment les citoyens honnêtes.

1.8  Les non-arguments

Les plus timorés des prohibitionnistes n'osent pas débattre sur le fond. Alors, ils utilisent l'argument conservateur: « ça a toujours été comme ça chez nous, alors pas la peine de changer ». La version duale, est bien sûr l'argument progressiste: « c'est la direction du progrès ». Ou, pour mettre d'accord les deux: « ça marche bien comme ça ». Bien sûr, ils n'ont aucun argument ou critère pour affirmer si effectivement ça marche bien comme ça ou pas, ou pour indiquer si c'est le progrès est dans cette direction ou pas, de même qu'ils sont ignorants de depuis combien de temps « c'est comme ça » (pas tant que ça, en fait), comment c'était avant, si il y a eu progrès, etc. En fait, ce sont des non-arguments qui servent à cacher les préjugés, l'acceptation passive des faits, l'obédience idéologique aveugle, ou le parti pris zélé d'un pouvoir politique que vilement on espère conquérir ou auquel bêtement on s'identifie.

De nombreuses autres sortes de non-arguments fleurissent. Selon certains, la liberté de porter les armes serait justifiée dans les grands espaces de l'ouest américain, mais pas dans les zones urbaines peuplées de l'Europe ou même de l'Amérique moderne. C'est oublier un peu vite que le taux de criminalité est et a toujours été plus élevé dans les villes, et que dans celles-là pas plus qu'à la campagne la police ne prétend défendre la victime au moment de son agression — dans les deux cas, la victime sera seule face à son agresseur, et ne pourra appeler la police, si elle a survécu, qu'après coup.

Un autre non-argument de circonstance consiste à dire que le port d'arme convient à la mentalité américaine, mais pas à la mentalité européenne. Outre le fait que le port d'arme était encore libre en Europe jusqu'au milieu du vingtième siècle, il ne semble pourtant pas que les immigrants européens en Amérique aient jamais eu de mal particulier à s'adapter à la chose. Les hommes peuvent parfaitement s'adapter sans que leurs mentalités passées ne posent aucune barrière réelle au retour à la liberté. Ce non-argument relève du renversement causal entre droit et mentalité.

1.9  Les statistiques

Certains verront aussi dans diverses statistiques une augmentation du nombre de crimes par armes à feu dans les pays où ils circulent librement, sans voir qu'elle est plus que compensée par une diminution des crimes sans armes à feu — l'assassin adapte son arme à la législation, mais sa victime meurt ni plus ni moins à coups de machette ou de couteau — et au final, ce qui compte est que le taux total de crimes est moindre là où règne la liberté. D'autres compteront les accidents dus aux armes à feu, sans les mettre en rapport ni avec les accidents de la route (on n'interdit pas toutes les voitures sous prétexte qu'elles causent des accidents), ni avec les coups de couteaux et autres agressions évitées, etc., ni d'ailleurs avec quoi que se soit d'autre, avant de tirer des conclusions.

Les statistiques sont aussi invoquées avec des arguments pseudo-mathématiques selon lesquels la diminution du nombre d'arme diminuerait ipso facto le nombre d'agressions armées. Un tel raisonnement repose bien sûr sur l'hypothèse que la prohibition fasse disparaître les armes au moins autant chez les agresseurs que chez les citoyens paisibles, alors que c'est précisément le contraire qui se passe: pour les criminels, le désarmement des « caves » est une aubaine, et toutes les statistiques effectivement mesurées avant et après des changements de loi sur la prohibition des armes confirment que la prohibition est un encouragement à l'agression. Ce genre de pseudo-raisonnement relève de la superstition selon laquelle un changement législatif ne modifierait que le paramètre que l'on regarde, et qu'il suffit de ne surtout pas regarder les autres paramètres pour que magiquement ils ne soient pas affectés.

Les statistiques montrent surtout l'effet dissuasif de la liberté de porter des armes en général, et des armes cachées en particulier. Elles montrent que le crime est plus fort là où les citoyens honnêtes sont entravés par une législation prohibitive, et dans les quartiers où les honnêtes gens sont moins armées. Elles montrent enfin que la sévérité de la justice (la « tolérance zéro ») a fait réellement reculer le crime là où la prohibition des armes l'a fait avancer.

1.10  La charge de la preuve

Enfin, même sans le moindre argument, les prohibitionnistes diront qu'ils ne sont pas convaincus, et qu'il faut donc prohiber. Mais quelle est ce renversement de la charge de la preuve? C'est bien à la prohibition et non à la liberté, au monopole et non à la concurrence, que doit revenir la charge de la preuve. Ce sont les prohibitionnistes qui réclament des mesures coûteuses pour interdire, qui exigent de chacun le sacrifice d'une liberté qui ne nuit pas a priori à autrui. C'est à eux à tout le moins qu'il revient de justifier leur position. Notons d'ailleurs que si personnellement ils ne désirent pas porter d'arme, et préfèrent déléguer leur droit à une quelconque police (voire ne pas user du tout de leur droit), s'ils veulent refuser l'entrée de leur logis et de leurs propriétés à quiconque porte une arme, nul ne leur conteste ce droit, à eux ni à quiconque partagerait leurs thèses. C'est bien eux qui veulent forcer les autres à vivre selon leurs critères, et non pas le contraire6.



Le Libéralisme, le vrai
Faré RideauFrançois-René RideauĐặng-Vũ Bân [Document préparé avec HEVEA]

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